
Arrestations parfois arbitraires, contrôles à l’accent et primes à l’interpellation : les agents de l’ICE ont mené dans le Minnesota et à Minneapolis des descentes pour tenter d’arrêter des personnes en situation irrégulière. Les diasporas africaines et latino-américaines ont été particulièrement visées. Des opérations qui parfois se sont faites "dans l’illégalité la plus totale" affirme auprès de TV5MONDE Julien Péquet, correspondant du magazine The Africa report aux États-Unis.
Depuis le retour au pouvoir du président américain Donald Trump, les opérations de la police anti-immigration (ICE) se sont intensifiées aux États-Unis. Des arrestations arbitraires, des expulsions injustifiées sont devenues le quotidien d’un grand nombre de migrants et un climat de peur et tension s’est installé au sein des diasporas, sur le qui-vive.
L’État du Minnesota, Minneapolis et sa ville jumelle Saint Paul ont fait l’objet d’une opération de l’ICE d’ampleur, débutée début décembre 2025 et dont la fin a été annoncée le 12 février 2026. Pendant la durée de l’opération baptisée "Metro Surge", les communautés africaines notamment ont vécu dans la peur constante des descentes de la police migratoire.
“Une véritable guerre psychologique”
“Des gens en situation régulière avaient leur passeport tout le temps sur eux”, décrit sur TV5MONDE Julien Péquet, correspondant du magazine The Africa report et du média Jeune Afrique aux États-Unis. Dans son dernier reportage, réalisé avec Stanislas Boujakera, il nous plonge au cœur de la réalité troublante des arrestations arbitraires et des contrôles à l’accent. “Tous ceux qui ne parlaient pas un Anglais parfait, restaient cachés, ils avaient très peur d’être embarqués, ne savaient pas trop ce qui allait leur arriver même, je le répète, ceux qui étaient en situation régulière”, relate-t-il.
es auteurs décrivent une “véritable guerre psychologique”. L’une des choses les plus difficiles à affronter, estime Julien Péquet, c’est l’incertitude constante. “Ils ne savent pas à quoi s’attendre, on les emmène du Minnesota à Huston, on leur enlève leurs papiers, leur téléphone, ensuite, on les abandonne dans la neige”, poursuit-il. “Tout cela est très choquant”.
Les personnalités locales deviennent des cibles privilégiées. Julien Péquet cite l’exemple d’un coiffeur très connu de la communauté somalienne de Minneapolis qui a été embarqué alors qu’il se trouvait dans un centre commercial. “Son nom était sur toutes les lèvres”, souligne-t-il.
“La façon dont on m’a traité m’a détruit mentalement”
Ces arrestations souvent brutales touchent aussi fortement les communautés latino-américaines. Carlos Resendiz, un Mexicain déporté par l’ICE, a également livré son témoignage auprès de TV5MONDE. “En novembre, je sortais d’un café, et un SUV s’est arrêté à mon niveau…”, explique-t-il. Puis, l’homme raconte s’être fait arrêté par une dizaine de policiers qui l’ont conduit à un centre de détention à Tacoma (dans l’État de Washington).
À chaque arrestation, les agents de l’ICE reçoivent une prime. “C’était le pire moment du processus, quand je suis arrivée, j’ai vu qu’un agent avait gagné 1.500 dollars en m’arrêtant”, poursuit-il. En l’espace de quelques heures, ce Mexicain a vu sa vie s’envoler. “J’aime les États-Unis, j’avais ma vie avec ma femme mais la façon dont on m’a traité, m’a détruit mentalement”, confie encore Carlos Resendiz.
Les habitants luttent “main dans la main”
Face à cette forme de répression, une résistance s’organise. Des voisins, souvent issus de la communauté blanche, se mobilisent pour protéger les mosquées lors de prières du vendredi. “C’est impressionnant [de voir] tous les gens qui sortent et qui se confrontent à la police migratoire”, confie le correspondant de The Africa report.
Il témoigne aussi d’une scène où des commerçants se sont rassemblés “main dans la main” pour interdire l’accès de leurs établissements aux forces de l’ordre. Des restaurateurs cuisinent également pour les manifestants qui bravent le froid pour affronter l’ICE. Des panneaux fleurissent sur les façades des églises, des mosquées et des commerces. Symbole graphique d’une solidarité qui ne regarde pas les origines.
© Klinklin.info - Mentions légales | Contacts | Régie Publicitaire
Journal d'information en ligne, Klinklin.info offre à ses visiteurs un panorama complet de l'actualité. Découvrez chaque jour toute l'info en direct (de la politique à l'économie en passant par le sport et la santé) sur Klinklin.info, le site de news leader de la presse togolaise en ligne.