
Depuis plusieurs mois, les coupures d’électricité font partie du quotidien des Togolais. À Lomé, la capitale du Togo, comme à l’intérieur du pays, les délestages perturbent les activités, abîment le matériel et compliquent la vie de milliers de familles.
Face aux députés, le ministre chargé de l’Énergie a expliqué les raisons de cette situation et détaillé les solutions prévues par le gouvernement. Mais sur le terrain, les habitants attendent surtout un retour durable à la normale.
Les coupures s’enchaînent et pour de nombreux petits commerçants, comme Amélie, chaque heure sans courant électrique coûte de l’argent."C’est très difficile parce que chez nous, ici, si on coupe comme ça, ce sont beaucoup de pertes" regrette Amélie.
Même constat dans les ateliers de couture. Chez Akouvi, les commandes prennent du retard et les clients attendent.
"Le délestage pèse surtout sur nos travaux" explique-t-elle." Avec mes machines, il me faut du courant pour pouvoir faire des broderies aux gens. Mais voilà, sans rien dire, on nous coupe le courant comme ça. Ils nous annoncent des changements, mais jusqu’à maintenant, rien" déplore la couturière.
Les causes du problème
Pour le gouvernement, la principale explication est ailleurs. Le pays produit environ la moitié de l’électricité dont il a besoin et il dépend encore des importations du Ghana et du Nigeria. Or, ces deux pays livrent aujourd’hui moins d’énergie qu’auparavant.
"Sur les causes derrière ces multiples interruptions, la demande nationale en électricité est en train d’augmenter, pendant les heures de pointe, c’est-à-dire entre 17h et minuit, d’environ 360 MW. Pour couvrir cette demande, notre système électrique repose sur une combinaison de production nationale et d’importation. La capacité de production nationale mobilisable est environ de 180 MW. Cette situation trouve elle-même son origine dans les difficultés rencontrées par nos pays fournisseurs pour satisfaire leurs propres demandes intérieures. Nous comprenons les désagréments subis par les populations" a expliqué Robert Koffi Messan Eklo, le ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé de l’Énergie et des Ressources minières.
Pour réduire cette dépendance, l’exécutif annonce de nouvelles capacités de production.
Selon le ministre "le gouvernement agit sur deux fronts, dans l’immédiat pour réduire les perturbations et sécuriser l’approvisionnement, et dans la durée, pour construire un système électrique plus robuste, plus autonome, plus durable et mieux adapté aux besoins croissants de notre économie."
"On ne s’en sort pas"
En attendant, en dépit des promesses politiques, les habitants de la capitale togolaise continuent de subir les conséquences des coupures.
"Autour de 9h, l’électricité a été coupée. Dans le quartier, dans tout le quartier pratiquement, Donc, ça a duré toute la journée. La nuit, rien. Donc, ce n’est qu’au lendemain, autour de 10h, qu’on a remis l’électricité. Aujourd’hui, on a dû sortir de la maison pour aller se doucher ailleurs " témoigne Elvire.
Klouvi est soudeur et il a la chance d’avoir, pour quelques heures, de l’électricité pour travailler. Il s’en remet à Dieu : "C’est difficile avec le délestage. On ne s’en sort pas. Seul Dieu pourra nous sauver."
Les explications du gouvernement éclairent les causes des délestages. Reste maintenant la question que se posent les ménages, comme les entreprises : à quand la fin des coupures ?
Source : Deutsch welle
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