
Le président américain a menacé, vendredi soir, « de détruire complètement toutes les régions d’Iran » si la République islamique tentait de le tuer. Il « ne peut y avoir de respect que lorsqu’il est mutuel », avait dit, plus tôt, le chef de la diplomatie iranienne.
L’Iran a affirmé, samedi 11 juillet, avoir « tenu parole » par rapport au protocole d’accord de cessez-le-feu conclu avec les Etats-Unis, alors que le président américain a réaffirmé que la trêve était terminée. Donald Trump a par ailleurs accusé Téhéran de vouloir l’assassiner.
Les affrontements ont repris mardi. Les frappes échangées depuis ont été les plus importantes depuis la signature, le 17 juin, d’un protocole d’accord visant à trouver une fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l’Iran. Les Etats-Unis ont frappé la République islamique pendant deux nuits consécutives après avoir imputé à Téhéran la responsabilité d’attaques contre trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique au cœur du conflit. En représailles, l’Iran a visé ses voisins du Golfe : le Koweït, Bahreïn, ou encore le Qatar.
« Jusqu’à présent, l’Iran a tenu parole », a écrit sur X le ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghtchi, ajoutant qu’il « ne peut y avoir de respect que lorsqu’il est mutuel ».
« La République islamique d’Iran nous a demandé de continuer “les discussions”. Nous avons accepté de le faire, mais les Etats-Unis leur ont signifié, en des termes sans équivoque, que le cessez-le-feu était TERMINÉ ! », a, pour sa part, déclaré le président américain.
« Mille missiles sont prêts à tirer »
Téhéran « n’a fait aucune demande », a tenu à rectifier le porte-parole de la diplomatie iranienne, tout en annonçant qu’Abbas Araghtchi se rendrait samedi à Oman pour évoquer le détroit d’Ormuz. Téhéran autorise un seul couloir de navigation et exclut tout retour à la situation d’avant-guerre, quand le passage était gratuit dans ce détroit par lequel transitait en temps normal un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures.
Vendredi soir, Donald Trump a, par ailleurs, accusé l’Iran de vouloir le faire assassiner, promettant une nouvelle fois d’anéantir le pays. « Mille missiles sont prêts à tirer, pointés vers la République islamique d’Iran, et des milliers d’autres suivront immédiatement si le gouvernement iranien met à exécution sa menace, proclamée aux quatre coins du globe, d’assassiner ou de tenter d’assassiner le président en exercice des Etats-Unis d’Amérique, c’est-à-dire MOI ! », a écrit le président américain sur son réseau, Truth Social.
« Les ordres ont déjà été donnés, et l’armée américaine est prête, disposée et capable, pendant une période d’un an, susceptible d’être prolongée, de décimer et de détruire complètement toutes les régions de l’Iran », a-t-il ajouté.
Selon les médias américains Axios et Politico, les Etats-Unis ont fait savoir à l’Iran qu’ils lui donnaient jusqu’à samedi pour s’engager publiquement à ne plus attaquer de navires dans le détroit d’Ormuz. Washington a par ailleurs rétabli les sanctions économiques contre le pétrole iranien, suspendues par le protocole d’accord du 17 juin, ce qu’Abbas Araghtchi a dénoncé samedi comme une « violation » du cessez-le-feu.
Les médiateurs qataris en Iran
Ce regain de tensions a eu lieu au moment même des funérailles du Guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre, dont le corps a été inhumé vendredi au sein du mausolée de l’imam Reza, le sanctuaire chiite le plus sacré du pays, à Machhad (Nord-Est).
Si les Etats-Unis ont affirmé avoir visé des cibles militaires, la République islamique a accusé Washington d’avoir aussi touché des infrastructures civiles afin d’empêcher les fidèles de se rendre aux funérailles d’Ali Khamenei.
Le calme est cependant revenu depuis la nuit de jeudi à vendredi, et une délégation du Qatar, pays médiateur entre Téhéran et Washington, est arrivée vendredi en Iran pour des pourparlers, selon un média local. Le premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays joue également un rôle de médiateur, a dit sur X avoir exhorté le président iranien, Massoud Pezeshkian, à sauver une paix « durement gagnée ».
En Iran, le principal négociateur dans les pourparlers avec Washington, Mohammad Bagher Ghalibaf, a averti que la guerre ne se terminerait « jamais par une reddition de l’Iran ». Et le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohammad Bagher Zolghadr, a prévenu que son pays riposterait « à toute attaque » contre ses infrastructures.
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